TOUTES EN MOTO

LECON DE GENRE

Et Dieu créa la femme !  Fondée à l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, Toutes en Moto,  rallie, chaque année, dans plusieurs villes France, motardes et motards.

Accord de genre et leçon de grammaire avec la co-fondatrice de l’association, Anne Sixdeniers.

Motarde, quelle question ?

C’est Stéphanie Trotobas, membre actif de la section des Bouches-du-Rhône de la FFMC, qui me met au courant. Le 13 mars, pour la journée internationale du droit des femmes, la fédération relaie et encadre, l’action de l’association Toutes à Moto, qui se déroulera à Marseille, ainsi que dans 11 autres villes de France (et Genève, le 10 avril). Pourquoi pas ? Encore une histoire de femmes en rapport avec les hommes, du genre égalité, émancipation….. Depuis que le pêché originel existe, le monde cherche à résoudre l’énigme de ses propres maux, dans l’espoir de trouver un jour, l’accord parfait entre les sexes. Au XXIème siècle, nous voilà encore à revendiquer nos droits fondamentaux. Quand liberté tu nous tiens ! Conduire sa vie et circuler librement est donc à la base de l’engagement de Toutes en Moto. Pour ces dames, la moto est symbole de libération.

Sur le parking du Dôme, lieu du rendez-vous pour un cortège dans les rues de Marseille, des ballons roses nous sont remis, en signe de ralliement et de message. C’est plutôt gai, sympa mais un peu stéréotypé. Difficile de nous débarrasser de nos bons vieux clichés.

Casques bas, Mesdames

Avant de partir, Stéphanie, représentante locale du mouvement, prend la parole, pour annoncer le programme et le thème du défilé. Je reste quoi ! N’y a t’il pas risque d’amalgame ?

Autour de moi, je fais plus attention à la composition et aux profils des participants. Il y a des femmes, c’est évident et des hommes, dans une part plus importante. Si on s’en réfère à la répartition entre motards et motardes  (trois quart, un quart), on se situe dans la norme nationale. Il y aussi des enfants. Ce petit monde a l’air joyeux et tranquille.

La violence faite aux femmes, voilà le sujet qui me fait hoqueter. N’y a-t-il pas des endroits plus pertinents, pour en traiter ?

Les jours suivants, je décide de contacter l’association pour ne pas rester sur ce malentendu. Anne Sixdeniers, co-fondatrice de Toutes en Moto, à Paris, accepte de me répondre. Je lui fais part de mes craintes sur une éventuelle confusion.  Les excès de vitesse, le bruit des moteurs et le port du casque qui dissimule le visage des conducteurs; ont contribué à tailler une réputation de bad boys, même au plus gentil des motards. Ma réflexion surprend. La dirigeante est ouverte. « Nous avons vocation à montrer que nous pouvons avancer dans un monde masculin. Les femmes ici, sont plutôt privilégiées, avec des hommes bienveillants. Nous avons choisi ce sujet parce qu’il couvre aussi les mutilations sexuelles qui sont encore pratiquées dans le monde, y compris aussi en France. C’est vrai, nous aurions pu soutenir une autre cause, en dehors de toute éventuelle forme de représentation liée à la pratique de la moto. La violence aux femmes est malheureusement toujours d’actualité. Nous sommes disposées à entendre d’autres suggestions». La mise au point étant faite, le mal réparé, du moins sur ce thème, elle évoque un autre fait d’armes de l’association, un chèque de 8000 € remis à l’institut Curie, pour financer la recherche pour lutter contre le cancer du sein.

Il n’y a rien à ajouter sauf à insister : les bénévoles de Toutes en Moto sont des militantes. Elles donnent de leur personne et agissent sur leurs fonds propres. Les ministères, qui les ont reçues, ont fait de belles promesses, point barre ! Casque bas, Mesdames pour votre engagement !

Coquetterie grammaticale

Je n’étais pas au bout de mes surprises. Voilà maintenant que j’en perds mon latin. C’est tout un pan de mon éducation, qui fout le camp. Stéphanie, lors de son discours, nous apprend ou nous rappelle, selon le niveau de notre connaissance, qu’on ne dit « pas monter à moto » mais « en moto ». Sur le site Internet de l’association, il est fait mention « du bon usage de la grammaire selon le guide de Maurice Grévisse et André Goosse ». Révisons un peu nos classiques, il est admis que « en » suivi d’un nom sans article signifie « sur ». Dans le Grand Meaulnes, l’auteur écrit : « C’est elle-même qui vient faire ses provisions, tantôt en selle, tantôt en voiture.».

Je ne suis pas la seule à avoir été sous le coup de l’émotion après cette petite correction. La langue française est tolérante : les expressions avec « à » restent admises même si les formules « en traîneau » ou « en luge » ne semblent déranger dégun (qui signifie personne pour les non Marseillais).

De là, à tout accepter, jusqu’à réformer l’orthographe pour normaliser les fautes des plus nuls, il ne faut pas exagérer. Les fantaisies de la grammaire ne sont pas une plaisanterie. Le clin d’œil de Toutes en Moto en est une belle illustration.

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