PURE&CRAFTED

BMW EN VERT ET EN MUSIQUE

Depuis 2015, sur le superbe site de Postbanhnof, ancienne gare de tri postal de la fin du XIXème siècle, situé côté Est de Berlin, BMW Motorrad nous convie, au mois d’août, à son festival Pure&Crafted sélectif et familial, aux influences d’antan. L’ambiance musicale et écolo accompagne nos pupilles et nos papilles, avec un choix d’artistes et d’articles néo-rétro, triés sur le volet. C’est ainsi que la marque allemande nous livre son nouvel héritage pour ladies et dandys urbains, à l’aise sur leur monture revisitée. Petit tour au General store et à la Weels area.

Marques chics & éthiques en musique

16:00, 12 août 2016, j’arrive à l’avance. L’ouverture de la billetterie est prévue dans une demi-heure. Mais sur ce coup, les allemands connus pour la rigueur de leur organisation, ne sont pas au rendez-vous, pas plus que le soleil, en cette période d’été. Le ciel menace et ils sont en retard. Ce n’est qu’à partir de 16:45, que les vigiles nous autorisent à passer. Tiens donc, ici aussi, on pratique le quart d’heure marseillais !

Pas du tout dépaysée, je traverse, en toute confiance, l’espace extérieure Wheels où sont installés les principaux préparateurs custom de la ville et du voisinage. L’ambiance est à la bonne franquette et tous les exposants semblent se connaître. On se croirait dans le midi de la France au moment de l’apéro.  Je m’avance en direction du General store, à l’intérieur du bâtiment, pour y faire un premier repérage des exposants. A cette heure de la journée, il n’y a pas foule. C’est bon pour mener ma petite enquête et faire le plein…d’emplettes et de cadeaux originaux. Dès le premier pas, vous êtes mis dans le jus avec à gauche, un distributeur de gin (je vous avais prévenu) et à droite, plongé dans un bouillon de culture, avec la librairie de l’éditeur berlinois GESTALTEN, chasseur de tendances, partout dans le monde. J’hésite encore, un moment, entre la biture et la lecture. Mais, je préfère continuer ma route avant d’entrevoir l’ivresse des hauteurs.  Je poursuis donc ma balade, dans l’enceinte, aux allées fleuries, où BMW Motorrad, réaffirme son empreinte avec un style épuré et efficace, mis en valeur par un choix d’enseignes savamment sélectionnées. On y trouve des noms connus internationalement et d’autres plus confidentiels ou locaux. En tout, une vingtaine de stands se partage le showroom. Tous, sans exception, nous font vivre à l’ancienne, réinventée avec modernité. Ici, souffle comme un parfum d’éternité.

Au passé, au présent et au futur

Au General store, c’est le développement durable qui prévaut. Juste après les joyeux barmen, un musicien, passionné de moto, tout droit venu du Canada, nous présente sa marque TREADWELL CLOTHING de vestes et surtout T-shirts black and white aux messages prometteurs de bonnes vibrations.

Ensuite, il y a un américain. Alors là, j’aime trop les chaussures de trappeurs d’époque, tout un tas qui ont vécu, du cuir patiné par le temps, la route et le grand froid. Il n’y a pas ma pointure ; la collection féminine de RED WING SHOES ne paraîtra qu’à compter du 1er septembre. Rendez-vous donc, sur le site Internet pour y faire vos achats.

Le stand suivant de la boutique multimarque BURG & SCHILD à Berlin, se fait fort de proposer une quarantaine de brands made in USA and Japan, de vêtements pour hommes, ceux qui aiment le denim, tout particulièrement. Avec leur gamme, vous êtes sûr de rester droits dans vos bottes de moto, avec style et décontraction.

Enfin, au bout de la première allée, INDIGO PEOPLE présente des pièces artisanales uniques : bandanas, écharpes, cravates… en coton tissé d’un beau bleu cobalt, fabriquées selon des techniques ancestrales du Sud-est asiatique. Nickel, le colorie pour les amateurs de jeans. Pour moi, le meilleur reste les sacs couleur denim avec des rivets en métal recyclé, bien pratiques, sur le dos, quand on roule en bécane.

En face, dans une déco sobrement Far West, le bio café ROAMERS nous convie à une pause, pour faire un plein de fraîcheur vitaminé accompagné d’un gâteau fait maison à la framboise, agrémenté de brins de romarin (qui me rappellent ma Provence). Alors là,  j’insiste encore un peu pour vous faire l’article sur le manger sain. Même sur les chapeaux de roue, vous n’êtes pas obligé de nourrir les boîtes industrielles ! Les petits producteurs et les épiciers de quartier spécialisés qui aiment le terroir, vous feront redécouvrir le goût des bonnes choses, comme à l’ancien temps.

Non loin, BURLINGTON déploie sa gamme de chaussettes célèbres pour ses motifs Argyle bigarrés et son rivet placé au niveau de la cheville. Sur le stand, une responsable du marketing m’invite à y voir plus clair sur la présence de la marque au festival. Les motards apprécient cette petite touche supplémentaire de couleur qui égaille leur tenue de route ; les paires d’un bleu pétrole sont les plus en vue pour dépasser légèrement des bottines.

Au centre de l’enceinte du Postbanhnof, un espace relooking fait la part belle aux barbiers de OAK, fabrique berlinoise de soins à base d’ingrédients organiques pour toison viril, qui utilisent aussi les ustensiles traditionnels haut de gamme de MUHLE SHAVING, société qui entretient naturellement la culture du rasage.  A côté, se tiennent côte à côte, une styliste du cheveu et les orfèvres du travail du métal et du cuir.  J’ai adoré les bijoux de FEINSCHMUCK en argent, cuivre ou bronze inspirés de la marine, du monde animal ou de la nature.  Il y a aussi les porte-clefs gravés et autres parures de SUSSMADCHEN confectionnés par Antje Schubert. Dans ce coin, on trouve aussi les articles de maroquinerie faits main de LEEVENSTEIN, de ONDURA et d’EMMA OPITZ, autres marques allemandes.

De l’autre côté, dans la seconde allée, d’autres maisons affichent leur passion pour la moto en exposant la tenue nécessaire au motard. HARRY DAMSON, magasin de plusieurs marques de haute qualité, signe ses propres accessoires et une ligne de t-shirts illustrés en coton biologique BRACK KUSTOM GRAPHICS.   MERTZ b. SCHWANEN nous propose des sous-vêtements pour homme – tricots de peau, caleçons, chaussettes… sans couture latérale, manufacturés sur d’énormes machines à tricoter circulaire datant de 1920 à 1960. Marlon Brando, m’a-t-on dit, était fan de ces maillots ouvriers, repris d’un modèle d’origine acheté sur un marché aux puces, par l’actuel propriétaire de l’usine. Encore des T-shirts avec des imprimés originaux de VOODOOBEAT qui mise aussi sur le développement durable et la famille. Bébé pourra porter un body et un bavoir à tête de mort, en coton qui n’irritera pas sa peau !

Dans un tout autre registre, j’aperçois trois Titi berlinois à la mode française qui portent bien la tenue parisienne. Me voilà un peu de retour en France avec ces compères, qui ont ouvert une boutique FEIN UND RIPP, en centre ville, où ils distribuent plusieurs marques. Ils sont vraiment chaleureux et souriant malgré le crachin qui nous attend à l’extérieur.  Ils sont même parvenus à séduire CPT. DONALD, un des acrobates vedettes du motodrome, pourtant pas un rigolo.

Avant de sortir pour voir le spectacle du mur de la mort, je décide de faire un dernier tour pour tenter de ramener un scoop. Et bien, c’est plutôt surprenant ? Le distributeur de gin, à l’entrée, est en fait la fondation MOVEMBER créée pour lutter contre le cancer des testicules. Je peux vous dire qu’autour du comptoir, les clients s’en donnent à cœur joie. Serait-ce une manière, pour les hommes, de conjurer leurs parties sensibles ? Alors, santé !

Mécanique & custom

A l’extérieur, on a du lourd avec les représentants des garages et autres préparateurs de la ville. Je retrouve le boss de l’atelier CAFE RACER 69, que j’avais rencontré par hasard, lors de mes pérégrinations dans les rues de Berlin. Il est beaucoup plus détendu que l’avant-veille, quand il s’affairait aux préparatifs du festival pour y présenter son art et sa gamme de vêtements.

Il y a aussi Peter d’URBAN MOTOR que j’avais contacté via Facebook, avant mon départ pour l’Allemagne, quand je cherchais des contacts pour mon blog. Prise de cours par le temps, j’avais dû renoncer à prendre rendez-vous, son atelier étant trop excentré du centre-ville. J’avais bien aimé son style, vu sur le site Internet et deux modèles de BMW transformés, une R80/7 montée en Bobber et une R100RS qui doit son inspiration à une simple tasse à café. Je m’enquiers donc à le féliciter et à saluer cet homme avenant et réactif. J’en profite aussi pour lui poser rapidement quelques questions. Préparateur depuis 10 ans, ce passionné s’est spécialisé dans les motos des années 70 à 90, plutôt européennes, qu’il aime dénuder, pour obtenir le design parfait.

Tout aussi remarquable, NAGEL MOTORS joue avec les influences californiennes,  le surf et la signature de Ed Roth, personnage clef de la custom culture et du mouvement du bolide des années 50 et 60.

Si vous cherchez l’inspiration, je vous invite à découvrir tous les autres noms berlinois de la custom culture : BERHAM CUSTOMS, CRAFTRAD, HAMMER KRAFTRAD, HANSE CUSTOM, HERZBUBE, KRADWAHN, KRAUT MOTORS, KRT FRAMEWORK, MOTOR MOTOR CIRCUSOMEGA KRAFTRAD, TEMPLE CHOPPERS, ou encore THE ROLLIN’EYES. Allez sur le web, ça vaut le coup d’œil. Il y en a vraiment, pour tous les goûts.

Enfin, évidemment, en tant que femme, égalitariste de surcroît, je me suis attardée sur l’espace de THE CURVES MC Only women. Ces aventurières, amoureuses de leur deux-roues organisent des évènements appelés les Pétrolettes et donnent des cours et des conseils de mécanique. C’est elles, d’ailleurs, qui figurent à la une de la couverture du programme du festival, remis à l’entrée. BMW Motorrad ne s’y était pas trompé : la femme est l’avenir de la moto.

Diversité et invités de marque

Marque comme MARK WILSMORE, d’abord, l’heureux managing director de l’ACE CAFE. Alors là, c’est trop fort ! Je l’avais manqué, quelques mois auparavant, lors de mon séjour à Londres et me voilà, maintenant, face à lui, à Berlin. Comme le monde est petit, surtout dans ce milieu. Avec son bus rouge à impérial et une partie de son équipe, il s’est promu, le temps du festival, en ambassadeur pour faire la pub de sa capitale. Très pris, il me remet sa carte de visite, au cas où je souhaiterais obtenir plus de détails pour mon article.

Tout le monde l’attendait : NOEL GALLAGHER, ex-leader d’Oasis était là, en invité vedette parmi une programmation musicale européenne et berlinoise. Pour la partie étrangère, juste un mot pour vous faire part de la qualité du festival. Commençons par les plus nombreux, les britanniques : BAND OF SKULLS, TRICKY, THE KING BLUES, TREEPTOP FLYERS, OTHERKIN, PINS (groupe de filles) ; de Suède MANDO DIAO ; des Pays Bas, TIM VANTOL ; d’Allemagne, SMILE & BURN, LION O. KING, LAURA GUIDI, SLEEPWALKER’S STATIO, JANA BERWIG, MEINHERZ, SKINNY ERIC & THE BELLY BOTTOM BLUES BAND. A vous d’entendre ou de réécouter sur YouTube, ces groupes aux influences aussi variées que le Rock, le Trip Hop, le Punk ou le Ska… Comme je ne suis ni compétente, ni critique en la matière, je passe rapidement pour finir avec une autre attraction très attendue de cet évènement.

Dressé près de l’entrée, le motodrome est un modèle original datant de 1928, entièrement restauré pour nous offrir un spectacle à couper le souffle. Je veux être au première loge et je parviens à me frayer un chemin, malgré l’exigüité, jusqu’au bord du mur de la mort. Ce réceptacle de bois appelé Drum (le tambour en français) me fait penser plus à un tonneau à vin, dans lequel les acrobates défient la gravité.  En BMW R25 et à 45 km/heure à vitesse stabilisée, les riders opèrent les uns après les autres, puis à deux et à trois. Ainsi, je termine ce numéro. Derrière mon objectif, je sens venir le tournis et l’ivresse me monter à la tête. Adieu biture et culture. J’ai eu mon plein d’émotions et de sensations.

Alors, peut-être, à l’année prochaine, dans le pays de l’ex Deutch Mark.

Site web

Pour connaître les dates et les infos pratiques, consultez régulièrement l’agenda des évènements du blog.