MARSEILLE-LE LUC

EN MOTO, SOUS ESCORTE

Le champ est libre. La police nationale et la gendarmerie nous ouvrent la voie ! Pour la journée de la prévention routière organisée par la préfecture des Bouches-du-Rhône et la Mairie de Marseille, le trafic n’existait plus, Le 19 juin 2016, 300 motards s’étaient réunis pour un road trip en Provence.

Petit rappel et tests de bonne conduite.

Ange et démon

C’était en février 2016, du moins, je crois. J’avais visité le musée de la moto, le plus beau d’Europe, m’avait-dit un ancien élu de la ville de Marseille (il fera l’objet d’un prochain billet). Comme d’habitude, je tape la discute et j’apprends que chaque année, la ville de Marseille et la préfecture des Bouches-du-Rhône organisent une balade en moto, dans le cadre d’une opération de sensibilisation à la prévention et la sécurité routières. La date est annoncée pour le 19 juin. C’est du lourd, du sérieux ! Je m’engage.

Le jour dit, minuit sonne. La veille, Angies est allée, dans le Var, chercher sa bécane, une Harley-Davidson bleue pétante, flammes et têtes de mort. Pour ses 50 ans, elle a pu s’offrir cette bécane, la 18ème, c’est toute sa vie et ce n’est pas fini ! Elle trône depuis la fin de la journée, devant sa maîtresse, toute fière de son acquisition mais excédée de voir tout ce clinquant. D’un coup, ça lui prend. Le diable sort de sa boîte (à outils). Sandra n’est jamais loin. On démonte.

Woaw ! Déjà presque 2:00 du mat. Il faut que je rentre. Dans 5 heures, je me lève. Direction le musée de la moto, point de départ du road trip vers Auriol et Le Luc-en-Provence.

En toute sécurité

Le réveil est dur et je n’ai plus de cigarettes. Allez, j’embraye pour ne pas me mettre à l’amende. J’y suis. Il y a déjà du monde. Virginie est là. Peuchère, à 58 ans, elle n’est jamais montée sur une bécane. Elle ne connait pas le vibe….Je souris.

Les organisateurs attendent 300 participants, encadrés par un service du maintien de l’ordre national, la police et la gendarmerie. Alors, à ce compte là, on ne va pas passer le mur du son. 70, 80 km/h tout au plus, jusqu’au Luc, ça va faire chauffer.

En attendant le top départ, nous prenons le petit déjeuner tout en écoutant les discours des huiles. Tout d’abord, celui de la représentante du Maire de Marseille, ensuite celui de Valérie Dijon, commandant de police, sacré petit bout de femme. Elle a dû convaincre sa hiérarchie pour maintenir la balade. Les rixtes entre supporters et hooligans, pendant la coupe d’Europe à Marseille, ont donné fort à faire aux brigades. Ici, dans le sud, le soleil et le mistral forment un cocktail détonnant qui échauffent et agitent les esprits. Les démons ne sont jamais loin.

Face à ses chefs, la motarde, ne se démonte pas. Elle sait qu’elle défend une noble cause, celle de la prévention routière. La sortie est maintenue. La voilà qui parle. Sans s’appesantir sur les derniers chiffes critiques des accidents de la route, elle salue la forte mobilisation de motards, ici présents. Tout de même, je vous le dis : les gars, déconnez pas.

Allez, c’est parti, on y va dans la bonne humeur : direction Auriol pour la pause déjeuner.

Comme en état d’ivresse

Auriol, petite bourgade au Nord d’Aubagne, le pays de Pagnol. Nous nous y retrouvons. Sur la route, pour une fois, les feux rouges, on ne connait pas. Les motards kiffent,  les automobilistes sont à l’arrêt. Nos anges en uniforme, nous couvrent et ouvrent la voie.

Avant le repas, les organisateurs ont tout prévu, pour nous rappeler que conduire, c’est du sérieux : un plateau où les plus téméraires tentent de refaire le parcours du permis de conduire, une démonstration d’un airbag (400 € à l’achat) et un itinéraire à pied autour de plots avec des lunettes qui simulent l’état d’ivresse. Je tente l’expérience. Le champ de vision est rétréci et tout semble décalé. Je renverse le premier obstacle mais très vite, je comprends que je dois faire un écart de 20 cm pour éviter de faire tomber les suivants. On me lance « plus vite ». Je termine, soulagée de revenir à la réalité. Les femmes s’en sortent mieux ! Alors, les gars, picolez pas !

La file indienne, devant le stand de distribution des doggy bags, s’allonge. On y va. Au menu : paella et esquimau accompagnés d’une bouteille d’eau.

On repart. Cette fois, en direction du Luc-en-Provence par la route du Sambuc (qui veut dire en provençal, sans bouche). On nous promet un tour de circuit.

Coup d’accélération

La route est belle : virages à droite, virolos à gauche. Les danseuses avancent à petit pas. On ne dépasse pas les 80 km heure. Les limitations de vitesse sont drastiques et le nombre de motards n’autorisent pas les écarts. Les motos chauffent, les moteurs souffrent.

Mais, les paysages de Provence et le beau temps nous font oublier ces inconvénients. Nous sommes ici pour être ensemble et soutenir une belle cause (même si personne n’en sais rien et que les automobilistes, ont dû ronger leurs freins en nous maudissant).

Nous arrivons enfin au Luc, dernière étape de la journée.  Nous quittons la nationale pour emprunter une petite route qui mène sur un chemin. Au bout du chemin, des portes-barrières sont grandes ouvertes, on s’engouffre. Nous réalisons soudain que nous sommes sur le circuit. On se lâche plein gaz, enfin presque ! On n’a pas le temps de réaliser, le tour de piste est déjà terminé.

Elle serre

On prend un dernier verre sur le site. Même si elle s’est amusée, nous n’avons pas réussi à convertir Virginie qui nous avoue, en automobiliste indécrottable, qu’elle ne conduira plus comme avant : elle promet de faire plus attention aux clignotants. Il n’y a pas à dire, rien ne remplace l’expérience. C’est une idée pour l’année prochaine. J’en parlerai à Valérie.

C’est fini. Nous devons repartir pour Marseille, sous notre beau soleil du midi. Mais, ici dans le sud, le diable n’est jamais loin et nous a réservé un coup en traitre. Au moment, d’enfourcher nos machines, le ciel nous tombe sur la tête. Un orage éclate et c’est la douche. J’avais tout prévu, mon équipement de pluie dans le sac. En motarde aguerrie, celui là, il ne me la fait plus !

Quelques jours plus tard, j’appelle Virginie. « Allo, alors remise de tes émotions ? ».

« Ca va, ça va ! me dit-elle, sauf que, toute la soirée, j’ai eu la mâchoire bloquée ».

Peuchère ! Je me dis et je souris.

Et surtout, rappelez vous : Aimer, c’est protéger. Alors, vous savez quoi ? Ne déconnez pas !

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