ANGIES SISTERS GANG

Trois rideuses réalisent un calendrier pour acheter un camion itinérant de mécanique moto et initier d’autres femmes à l’entretien de leur bécane. Elles ont de la bouteille, du rosé, des bières et du Jack si affinités… [A consommer avec modération]

Elles sont les Angies Sisters Gang.

« Attends, je t’explique »

Ainsi parle Angies, une grande gueule, à la poitrine pigeonnante montée sur à peine plus d’1 m 50 de TNT, la bombe, un vrai boucan. En 2015, à l’approche de ses 50 ans, la demoiselle fait son caprice. Elle veut une Harley-Davidson, sa dix-neuvième bécane après avoir dégoupillé le bitume en sportives pendant 32 ans. En 10 jours, elle réunit une coquette somme grâce à la générosité de sponsors et donateurs pour faire fabriquer un calendrier aux photos faites à l’arrache par Cassandra et Bastien Bari à la Hells Week et aux Ardèche Vets.

Peu avant, elle avait fait la connaissance de Sandra, discrète mais très remarquée pour ses courbes sensuelles et son allure féline. Elle est surnommée l’oeil de lynx. Avec la nouvelle monture, un 1200 Sportster carbu appelé Manara (du nom du sulfureux auteur de BD érotiques), elles réalisent un road-trip jusqu’à Faro, 4397 km aller-retour en 12 jours avec 47 pleins. De mon côté, je pars à Berlin couvrir le festival Pure and Craft organisé par BMW Motorrad.  Je suis l’aînée, Nadine, la créatrice de ce blog. Je suis immatriculée bio, vierge de tattoos et allumée du cerveau, de la braise sous la glace, dite l’intello.

Quelques mois plus tôt, à Marseille, j’avais rencontré ces deux rideuses sur un vide-grenier. C’était presque l’été et nous sommes rapidement passées au rosé (les bières et le Jack, ce sera pour la prochaine fois). Le vin aidant, nous nous sommes laissées aller aux confidences. Nous avons des relations communes et pas des moindres. Nous sommes aussi de la même génération, celle qui a connu l’année 69 (ou presque), un nombre dont les deux chiffres se lovent et s’épousent comme le yin et le yang. Ils enfanteront Vices et Versa. Tout semblait possible sur notre planète terre.  L’époque était à l’émancipation qui s’exprima jusque dans la manière de s’habiller ou plutôt de se dévêtir. L’égalité se révélait dans son paradoxe : l’ultra féminité flirtait avec l’unisexe. Nous sommes l’incarnation (ou presque) de cette nouvelle ère qui promettait à chacun sa part de liberté. Mais nous sommes surtout animées aussi par la même passion, les motos, la custom culture et les runs. Nous devenons les Angies Sisters Gang.

« Je veux mon camion ».

Ainsi le décide Angies, qui n’a pas grandi ni changé de taille de bonnets. Après avoir suivi une formation pour devenir mécanicienne moto, la petite menace de faire à nouveau son caprice si elle n’obtient son gros « quatre pattes »,  avec pleins de jouets dedans (outillage, démonte-pneus, pont…) pour assurer l’entretien courant des bécanes au domicile ou au bureau de ses futurs clients, avec en plus le frigo pour les bières, si affinités. Elle l’a inscrit sur la liste des cadeaux de Noël qu’elle veut voir poser au pied de ses escarpins. Elle a aussi prévu le démarrage de son activité le 1er janvier 2018 quand toutes les autres entreprises sont fermées pour fêter le nouvel an.  C’est comme qui dirait rendez-vous à la 25ème heure. Nous aimons les surprises.

Pour financer son projet, nous envisageons de réaliser un deuxième calendrier pour 2018. Désormais, nous sommes trois.

Avec Freeker Studio, nous décidons d’un shooting courant juillet. A l’inauguration du nouveau show-room de Mondoto Moto Vintage à Aubagne, j’avais rencontré Bip (qui veut garder l’anonymat). Il m’avait aussitôt adressé une invitation pour visiter son sanctuaire (et plus, si affinités). A cette occasion, il avait mis les petits plats dans les grands : grives, moules sauvages et huîtres qu’il avait préparées avec une dévorante passion pour le petit gibier et les textures iodées aux formes suggestives. Je me suis régalée. Mais je n’ai pas succombé au dessert, ni à l’appel du presbytère. Bip, n’avais-tu rien vu venir ?

Quelques mois plus tard, nous déboulons en bonne compagnie dans ce lieu mystique, tenu secret et appelé à disparaître par la voracité d’une poignée d’incultes à l’esprit aussi léger qu’un sac de caillasses. Aussitôt, nous en prenons possession avec les photographes, Elie Ya et Ruben Parali, la maquilleuse artistique Cécile et son mari, les figurants tatoués et leur femme, la voluptueuse Cassandra, aussi graphiste et son copain et nous l’explorons jusqu’aux moindres recoins, les ateliers, le toit, la grange, le parc aux oliviers et aux arbres fruitiers de la Méditerranée, un jardin proche d’Eden, à l’exception de l’église classée Zone Interdite. Bip a du mal à suivre notre lot de provocations même si notre jeu l’amuse quelque peu vis-à-vis des curés.

A l’issue de cette journée mémorable, nous aurons tout juste que le temps de réaliser 6 mois du calendrier.

Le mois suivant, nous pétons toujours la forme du feu de Dieu emmenées par nos bécanes, bercées par leur boucan jusqu’à Lançon de Provence. Pour finir l’année,  nous débarquons dans la forge du ferronnier d’art, Denis Nayrac, un endroit tout aussi magique et fabuleux.

Pour ce second shooting, nous sommes accueilli dans l’atelier-show-room-habitat de notre hôte, un gentleman rider qui joue avec le feu et enflamme le métal pour créer des oeuvres uniques. Il nous reçoit avec son papa âgé de 78 ans. Le vieil homme est un vieux de la vieille qui a gardé sa fraîcheur en éculant tous les chemins avec sa brêle avant de prendre sa retraite de biker suite à la perte d’un oeil. L’autre reste grand ouvert et ne perdra rien de notre Mise en Scène transformée en cour de récréation. Nos excentricités lui rappellent le bon temps et il sent monter en lui, la verdeur de sa jeunesse. Henri est heureux. Il est aux anges.

Les Angies Sisters Gang, de la poudre d’étoiles filantes

En route…Comme chaque week-end (ou presque), nous partons en bécane pour rejoindre nos potes, nos amis et l’inconnu. Chaque sortie est une aventure, chaque seconde un battement de coeur. Vendredi soir arrive et donne le La. Angies trépigne déjà.

« Alors on file ? Qu’est ce que tu branles encore ? Je cherche mes lunettes. Oh Nadine ! Quoi la blonde ? Tu peux parler. Je ne vais tout de même pas faire étalage sur mon blog, de tous tes exploits, ça ferait tache. Tu en fais déjà bien assez sur Facebook en racontant pipi, caca… Je sais, je sais, Angies nous sommes des princesses et nous chions des paillettes. D’ailleurs, tu as des strass pleins partout sur les jantes de ta moto.

Sandra ne dit rien. Elle s’affaire aux derniers préparatifs. Elle est la comptable des deniers et du matériel de l’association que nous avons créée pour les femmes qui veulent s’initier à la mécanique et passer un bon moment entre elles au guidon de leur moto. Le camion convoiera leurs runs extra féminins pour parer leurs pannes éventuelles. Désormais, nous formons les Angies Sisters Gang, un trio voué à la solidarité et à la franche camaraderie.

Tout est prêt ? La tente, les bâches, les duvets (6 si un pote viendrait à en manquer), les tendeurs, les cordes, les outils, les hamacs et nos petites affaires de rechange. Il y a encore la table pour le stand, le présentoir, les cartes postales, les calendriers et les enveloppes à bulles. On peut partir maintenant pour la concentre ?

Attends, on a oublié de demander au Prez s’il y avait des arbres pour accrocher nos hamacs. Où est mon téléphone ? Mes couilles ! Ah tu peux parler la blonde !

Au fait Nadine, mes couilles, ça prend un L ou 2 L. Angies, c’est bien connu, les anges n’ont pas de sexe mais prennent toujours 2 ailes.

Non mais décidément tu te barres en couilles ! Et toi ?

Et c’est reparti mon quiqui… Suce moi la bite, répondit-elle.

Nous sommes les Angies Sisters Gang, rideuses, boucans, mères, très remarquées, déjà grands mères, complètement allumées…

Laissez passer les étoiles filantes. Elles pourraient mettre le feu aux poudres sur leur machine pétaradante.

Live to ride, ride to live.

A mon ami BIP et sa brêle, pensée affectueuse,
et clin d’œil à Henri Tschopp, aux mains d’or et aux bras d’acier qui a confectionné le Sissy bar et à Alain Nosetto pour sa participation inopinée et bien arrosée.

Pour nous suivre, restez connectés sur oilandhoney-motors.com et sur FB.

Prochain rendez-vous des Angies Sisters Gang

Galerie Mise en Scène

Rue du général Thiry

Neuves-Maisons – Lorraine

Elles vous y accueillent avec Cath et Fredo Slim, aussi voyou que flamboyant pour leur vernissage

vendredi 10 novembre 2017 de 18:00/23:00

En sus, concert rien qu’avec des nanas

Va savoir encore ce qu’elles vous réservent. Elles ne le savent pas davantage.

Exposition permanente du 01 au 30 novembre 2017