ACE CAFE

DU BIO POUR ROCKERS

En bordure du périf nord, ACE Café cultive et nous fait vivre l’histoire du Rock’n’roll et des cafés racers. Cet ancien routier, pour chauffeurs poids lourds, devenu un repaire de motards, a conservé sa philosophie : « copieux pour pas cher » tout en s’adaptant au goût du jour, bio et sans gluten. Voici la légende d’un monument toujours dans l’ère du temps…

Spectacle et courses folles

Me voilà enfin sur le parking de l’établissement. L’enseigne, ainsi que les motos qui vont et viennent, me signalent que je suis au bon endroit. J’ai failli me perdre, Wembley est dans le 5ème cercle autour de Londres, pas vraiment en centre ville. Dans mon programme de voyage, Ace Café se situe au premier plan.

Dès mon arrivée, l’ambiance So british me réjouit. Sur la terrasse, une dame tatouée, d’un âge respectable, arbore fièrement son yorkshire aux allures de motard. Plus loin, c’est un varan qui me fait signe, sur l’épaule d’un bienheureux, assis à côté d’un biker, un vieux de la vieille. Je suis scotchée ; le temps s’est arrêté.

Mais, je ne suis pas venue ici, uniquement pour m’entretenir avec le présent.  Je fais aussi un aller-retour express histoire de revenir dans les années 50 jusqu’au sixties. Je déchire le film qui me sépare du passé avec ma machine à remonter le temps.

My God ! Je retrouve la banane ;). Mon flirt de jeunesse avec un rocker me remet dans la peau d’une pin-up avec une drôle de coupe de cheveux, C’était à Londres, il y a longtemps …Véridique ! Come on, Ladies and Gentlemen, je vous emmène au cinéma.

Nous voilà plongés dans l’obscurité. La nuit est déjà tombée. Dans les faubourgs londoniens, une bande de rockers en blouson noir, jeunes rebelles à la mauvaise réputation, arrivent en bécane dans le bruit et l’agitation. Comme à chaque rendez-vous aux abords du périphérique nouvellement construit, ils se préparent à jouer leur vie, à vivre le grand frisson. Une pièce introduite dans le juke-box et c’est parti. Le Rock’n’roll sonne le départ pour le franchissement du ton : 100 miles à l’heure (160 km). Sur leurs motos dénudées pour les rendre plus rapides, les ton-up boys, plus tard, les cafs, diminutifs de cafés racer vont créer la légende de courses folles, de routiers en routiers. L’ACE café en est le survivant.

Ace Cafe, jamais ne meurt

« Mourir d’un accident de moto, n’était pas glorieux« . Dans le petit musée situé au premier étage, dans le couloir qui mène aux toilettes, on nous prévient. Sur les affiches accrochées au mur, on raconte toute une époque et l’histoire de ce lieu, devenu mythique.

21 octobre 1938, Hugo Robert Edenborough dit Vic, accueille ses premiers clients, dans son routier flambant neuf. Ace Café est né. Deux ans plus tard, une bombe endommage une partie de l’établissement. Le vieux routier est un combattant, il continue à servir, aux clients, le café sur le parking. Les indemnités versées au titre réparation de guerre lui permettront de moderniser son restaurant : un café pour les chauffeurs routiers et les Rockers et un espace pour les employés de bureau.

1994, 25 ans  après la fermeture en 1969, un visionnaire, Mark Wilsmore, l’actuel propriétaire, se prend à rêver d’une réouverture et organise un évènement commémoratif, sur l’ancien site de l’établissement. 12 000 motards étaient là, jusqu’à 25 000, les fois suivantes. Le succès ne permet plus d’accueillir tout ce monde au second étage, le rez-de chaussée ayant été racheté, entre temps, par une entreprise de pneus. La rupture d’une canalisation appartenant à la société des eaux de la ville qui provoque de nouveaux dégâts, fait fuir l’occupant du bas. Progressivement, Ace Café reprendra toute sa place mais il faudra attendre 2001, pour le voir revivre dans son actuel format.

2016, plus de 20 ans après le premier grand raout, je me rends au restaurant.

Du gluten free pour motards

Au moment du déjeuner, j’en profite pour faire le tour du garde-manger. A l’intérieur,  le calme préside. Le bruit des moteurs semble lointain et les clients ont la bouche pleine. Les assiettes débordent de chili con carne ou de frites autour d’un hamburger, fait maison. Tout est appétissant. Fidèle à sa tradition de routier, Ace Café propose des repas copieux et roboratifs. Pour connaître les menus, je me rapproche du comptoir où sont affichés les prix et la carte détaillée. En plus d’être peu chers,  les plats sont préparés sans gluten et sans produits allergènes. Me voilà revenue au XXIème siècle où consommer sain est promu en argument marketing. Mais au fond, je comprends la formule : à l’époque, les intolérances alimentaires étaient rares : la pâte à pain était fabriquée avec du blé non trafiqué et les fruits et légumes mûrissaient lentement au soleil, au rythme des saisons, sans engrais, ni pesticides. La norme est devenue l’exception.

J’ai pris un café avec un carrot cake juste pour goûter…3,2 £ c’est bien moins qu’en ville, 7,50 £ pour un plat chaud en moyenne. A Londres, pour la même portion, vous auriez dû débourser le double. Chez Ace Café, vous vous sentirez pousser des ailes : on nourrit son motard qui repart léger, comme au bon vieux temps des cafés racers…

ACE CAFE

Ace Corner
North circular road
Stonebridge
London NW10 7UD

Tél : 20 8961 1000
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